Position de Richard Bégin sur le Centre multifonctionnel

Posted by | avril 29, 2015 | Déclarations, Nouvelle | No Comments

Le projet du Centre multifonctionnel hante le conseil municipal depuis une bonne dizaine d’années maintenant. C’est là l’un des lourds héritages que nous a laissés l’ancien conseil municipal. Le 28 avril, lors du comité plénier, nos fonctionnaires nous revenaient avec un historique de ce dossier depuis 2005, une présentation et une analyse du dernier appel d’offres (qui, bien que moins élevé que le précédent appel d’offres, dépasse tout de même d’au moins 11 millions de dollars l’estimation des coûts) et trois options (l’abandon du projet, la construction malgré tout du Centre multifonctionnel originellement prévu OU une 3e option qui impliquerait un partenariat possible avec des investisseurs privés).

En ce qui me concerne, on ne m’a pas encore démontré qu’un tel projet, qui coûterait au minimum 75 millions de dollars (encore là, on sait par expérience que la plupart des projets de cette envergure ne se font jamais à l’intérieur des coûts envisagés et, en outre, il ne faudrait pas oublier les coûts annuels de 2 à 3 millions de dollars pour l’entretien, par la suite), on ne m’a pas démontré, dis-je, qu’un tel projet aurait des retombées économiques importantes pour Gatineau et encore moins qu’il amènerait à la ville des rentrées de taxes suffisantes pour compenser à la longue pour l’investissement fait par les contribuables. On sait déjà que nous devons investir plus de 1,3 milliard de dollars dans diverses infrastructures de base à Gatineau au cours des 10 prochaines années et qu’on n’a pas actuellement les revenus suffisants pour faire face à cette dure réalité (routes, aqueduc, égout, usines d’épuration, centres communautaires, parcs, etc.).  Bref, qu’il s’agisse d’un édifice pour abriter une équipe de hockey qui ne l’utiliserait qu’environ 15 % du temps ou qu’il s’agisse de spectacles ou d’événements (salon de l’automobile, etc.), on ne m’a pas convaincu qu’il y aurait un retour sur l’investissement suffisant pour m’amener à supporter un tel projet.

Au cours des derniers mois, j’ai été régulièrement confronté à des fins de non-recevoir pour différents projets proposés et souhaités par les citoyens et résidants que je représente. La réponse était la plupart du temps négative, faute d’argent. Alors, doit-on engager un minimum de      75 millions de dollars dans un projet comme le Centre multifonctionnel planifié au détriment de besoins plus criants comme d’offrir de l’eau «non colorée», planter des arbres, installer des passages à niveau pour piétons, prolonger des pistes cyclables, que sais-je encore?

J’étais déjà plus qu’hésitant face à un tel projet alors qu’il se chiffrait à près de 63 millions. Ma réponse est clairement NON, si ça doit en coûter   11 millions de plus… et en réalité, à la fin, probablement beaucoup plus.

Nos «experts» semblent incapables de nous expliquer l’écart monumental entre leur estimation des coûts… et les soumissions que nous avons reçues. Et cela m’inquiète profondément. Gatineau est-elle vraiment équipée pour gérer des projets de cette envergure à l’heure actuelle?

Certains avancent que le projet de Centre multifonctionnel est important pour l’identité gatinoise, parce qu’il permet de maintenir et de soutenir une équipe de hockey junior majeur, les Olympiques, et parce que ce projet nous permettrait de nous doter d’un édifice signature, le genre de bâtiment susceptible d’attirer les touristes. Je reconnais que l’architecture proposée a un certain caractère qui sort de l’ordinaire et j’espère qu’un jour Gatineau aura des édifices de cette trempe qu’on aimera présenter à nos visiteurs et dont on sera fier.  Cependant, je doute fort que le sentiment d’appartenance et l’identité de la majorité des Gatinois aient quoi que ce soit à voir avec un édifice-signature, une équipe de hockey ou une salle de spectacles.

Pour ma part, je préfère miser sur les services essentiels aux citoyens que je représente, sur leur qualité de vie au quotidien… et c’est à partir de là, de ce bien-être, que se développeront l’identité et le sens d’appartenance à la plus grande ville.

En conclusion, je suis disposé à considérer la 3e option, celle qui pourrait se faire en collaboration avec des investisseurs privés, mais tout dépendra du coût qui devra être absorbé par les citoyens de Gatineau… et au détriment de quoi. À mon avis, le moment est venu de mettre un terme à cette saga qui nous a déjà coûté assez cher en temps, en énergie, en débats et en argent. Il est bien dommage qu’au point de départ, il y a dix ans, on n’ait pas fait les études de marché appropriées; on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui.

Présentation au comité plénier du 28 avril 2015

Webdiffusion du comité plénier du 28 avril 2015

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